billets

 

 

  • Scaramouche Pedant

    • Par lexen
    • Le 27/05/2020

    Mise en ligne de Scaramouche Pedant de Fuzelier

    https://www.litterature-comedie.com/pages/page-3.html

     

    Ce divertissement de Fuzelier qui a pour titre Scaramouche Pedant, représenté à la Foire saint Laurent en 1711, relève d'une période   située entre le départ d'une troupe d'acteurs italiens, expulsés de la Capitale  en 1697 et leur retour à l' hôtel de Bourgogne sous la Régence de Philippe d'Orléans en 1715. Période fertile en rebondissements artistiques et juridiques, qui donne lieu à de nouvelles études critiques, notamment quant au motif lié à l' expulsion de cette troupe italienne de théâtre.

    Image anonyme au recto scaramouche qui couronne arlequin acteurs de la comedie italienne d 5887 407537Scaramouche qui couronne Arlequin-1700/1801-anonyme mus.Carnavalet

    Durant ces annés, où le jeu des forains peut se donner libre cours, Fuzelier déploie une activité certaine, en
     témoigne, ce propos d' un  historien ¹ :
     "Le Ravissement d'Hélène, la prise et l'embrasement de Troie,
    œuvre de Fuzelier, représentée par Bertrand à la Foire Saint Germain de 1705, est le modèle curieux de ces prétendues scènes indépendantes, avec spectacles et jeux de théâtre."
     
    _____________________

    ¹  Les Théâtres de la Foire ( 1660-1789 ) par Maurice Albert, Hachette 1900, p. 28. Plus récemment, in Loïc Chahine-Univ.Nantes- Louis Fuzelier- Le Théâtre... cf.  p.62, .Les débuts : Thésée et Le Ravissement d’Hélène.

    Pour une approche plus générale  du théâtre de la Foire : http://www.theaville.org/kitesite/index.php?r=vaudevilles

    ______________________

     

    Les fichiers de musique proposés, en toute liberté, pour illustrer ce divertissement proviennent d'un corpus du théâtre de foire, en l'espèce, un index alphanumérique de l'ordre de 220 airs notés comportant l'ajout d'une basse, dans une édition de 1821 d'un choix de pièces de ce répertoire.  Index  qui a permis de rapprocher le fichier source de Fuzelier d'un fichier cible d'indications musicales pour les couplets.  Trois airs cependant ne figurent que pour la seule mélodie  ceux de l'Inconnu, de Vous m'entendez bien, de l'Amour me fait... 

     

     

  • Rire de Molière / M.Edwards

    • Par lexen
    • Le 17/10/2019

    Dans Le Rire de Molière¹ Michael Edwards   indique le cheminement qui l'a conduit à écrire cet ouvrage : " Étudiant Molière à Cambridge, j'étais étonné de trouver qu'il ne ressemblait pas (...) au Molière que l'on enseignait et qui paraissait dans les nombreux  livres de critique que je compulsais. (...)

    Riremoliere/Edwards

    Je me perdais dans les profondeurs très variées des «grandes» pièces, au-delà de toute satire, de toute «comédie de mœurs» ou « de  caractère», notant, ici, la beauté poétique de l'écriture, ou, là, le fait  que dans le Misanthrope, le « raisonneur» Philinte n'a pas moins tort qu'Alceste et qu'il est tout aussi risible. "
    __________________________

    Hors  des classifications traditionnelles l'essayiste affirme sa liberté de jugement.
    ____________________

    Quelques lignes de la quatrième de couverture résument l'une de ses idées principales   : " Un constat s'impose : on a  tiré Molière du côté du drame, on l'a joué comme Ibsen ou Tchekov, dans l'idée, peur-être, que la gravité, la tristesse et la mélancolie constituaient un label suprême de qualité. "

    Pour faire image, ainsi montrés, ces habits neufs semblent recouvrir un ancien corps de doctrine   qui remonte au 18e siècle, période qui vit prendre essor la comédie dite sérieuse, sous l'impulsion de Philippe Néricault Destouches, La Chaussée , Diderot , et précédant  le drame bourgeois.

    Pour la période romantique, M. Edwards, relève ces vers d'  Alfred de Musset, assistant à une représentation du Misanthrope,   ²  ( 1840- Une soirée perdue). "Quelle mâle gaîté si triste et si profonde,/Que, lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer ! "

    Le poète s'autocritique pour avoir ri quand il aurait dû pleurer ; non pas qu'il fut tellement sensible, mais déjà s'installe, dans la négation du rire la légitimité culturelleMus muse
    de la
    haute comédie chez Molière. 

    Attitude paradoxale, si l'on connait , par ailleurs, le génie d'auteur dramatique de Musset, dans la lignée de Marivaux, pour certaines pièces. 


     

    Quoi qu'il en soit, les mises en scènes contemporaines allant jusqu'à l'affirmation du tragique en matière de comédie, demandent plus à être comprises que jugées, et les observations historiques, à cet égard, ne sont  peut-être pas inutiles.

    _____________________

    Un autre aspect de l'ouvrage porte sur le lien entre la littérature et la musique. Lors des  comédies ballets,  Michael Edwards souhaiterait entendre de nouveau la musique de Lully. Cette intention tient à l'idée même du livre, celle du rire avec, à quoi la musique devrait contribuer pleinement, apportant au théâtre de Molière un climat de féérie quasi shakespearienne. On ne peut que le souhaiter.

    L'expérience a été tentée à l'occasion du deuxième centenaire  de la Comédie française, et selon les témoignages, la surcharge lullyste a eu surtout pour effet de ralentir le spectacle. Entre restitution et modernité, il reste à trouver la juste mesure.

    ¹ © Éditions de Fallois, 2012

    ²  Page 137

     

  • Sur l'Impromptu de Versailles

    • Par lexen
    • Le 02/10/2019

    L'interprétation contemporaine a transformé en objet théorique l'Impromptu de Versailles, que Molière tenait  pour une pièce de circonstance. Il n'en demanda pas lui-même le privilège d'  impression, et elle figure seulement dans les œuvres posthumes en 1682. ¹

    F. Boucher L'impromptu

                                  F. Boucher, l'Impromptu

    Outre ces aléas de publication, la discontinuité des représentations est également curieuse à suivre . 

    La notice de présentation du deuxième centenaire de la fondation de la Comédie Française évoque ces impedimenta :
    "Quant à l'Impromptu de Versailles, [ dit, en 1880, l'auteur de la notice qui annonce  cette cérémonie ] , ce sera, depuis la mort de Molière, sa troisième représentation, et, circonstance assez bizarre, c'est précisément l'acte dont la Comédie Française fête l'anniversaire, la lettre de cachet par laquelle Louis XIV ordonnait la jonction des deux troupes, qui a surtout déterminé son exclusion du répertoire."

    L'impromptu de Versailles ; Le Bourgeois gentilhomme / [de Molière]. Précédés d'une Notice / par P. Regnier,.... Et d'Un à-propos en vers / par F. Coppée,... | Gallica  p. XVI / XVII

    _________________________

    Plus récemment, l"archiviste de la Comédie Française Agathe Sanjuan  note que la Critique de l'Ecole des femmes ne fut plus représentée de 1700 à 1835

    La critique de l ecole des femmes par lalauze

    "Son sort est pourtant meilleur que celui de l'Impromptu de Versailles (...) que les comédiens n'ont pas fait entrer au répertoire  avant 1838 "

    moliere-oeuvre-critiqueecolefemmes2010.pdf


     L'Impromptu, en effet, est remis en scène  en mai 1838 par l'acteur Samson ; mais "après une seconde représentation , la pièce est encore une fois abandonnée " et il faut attendre 1880 , lors du jubilé dramatique, pour qu'un acteur de renom reprenne "un rôle qui jusqu'à nos jours n'aura eu que trois interprêtes, Molière, Samson et Coquelin".

    _______________
    ¹  Notice  sur l'Impromptu de  Versailles  de Georges Forestier et Camille Bourqui. Oeuvres complètes de Molière, Biblothèque de la Pléiade tome II.-Pages 1601/1613-

     

     

  • Sur le terme «comédie»

    • Par lexen
    • Le 15/03/2019

     Le terme  comédie , en un sens  vieilli, signifie  toute pièce de théâtre. Plus généralement, hors du théâtre, Il s'applique à divers domaines  , et pour ne prendre que quelques exemples , à l'épopée, à la fable, au roman  :

    - au poême épique,

    avec la Divine Comédie  de Dante .

    Dante et la divine comedie


    L'un des traducteurs de l'Enfer, Rivarol, remarque dans sa présentation  :
    " Dante n'a pas donné le nom de comédie aux trois grandes parties de son poëme, par ce qu'il finit d'une manière heureuse, ayant le Paradis pour dénoûment, ainsi que l'ont cru les commentateurs : mais parce qu'ayant honoré l'Enéide du nom d'ALTA TRAGEDIA, il a voulu prendre un titre plus humble, qui convint mieux au style qu'il emploie, si différent en effet de celui de son maître "

    _____

    - à  la fable ,

    chez La Fontaine,
                 "Une ample  comédie à cent actes divers
                     Et dont la scène est l'univers"
     et  selon ce qu'affirme un historien du fabuliste, ¹

     "Entre la Divine Comédie  de Dante  et  la  comédie humaine encore à venir de Balzac, s’insère celle (de La F.) plus furtive mais plaisante et méritant pourtant d’être prise au sérieux, parce qu’elle reflète, gaiement, la société de cette époque avant La Bruyère. La fusion du théâtre avec la fable élève cette dernière au même niveau que celui qu’atteignent alors les pièces classiques, promotion qui l’anoblit."

    ______

    - au roman,

    quand en 1845  Honoré de Balzac décide de réunir toute son ɶuvre sous le titre : la comédie humaine .
    Dans son avant-propos, Balzac romancier, admirateur de Walter Scott,  prend cependant pour modèles  des auteurs dramatiques :
    " Peu d’œuvres donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie. Cette observation rend compte des examens que Corneille, Molière et autres grands auteurs faisaient de leurs ouvrages : s’il est impossible de les égaler dans leurs belles conceptions, on  peut vouloir leur ressembler en ce sentiment."

    _____________

    ¹ Collinet Jean-Pierre, « La Fontaine et ses « deux faces » , Dix-septième siècle,  https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2010-1-page-177.htm

     


     
     

     

  • Sur la Foire de Guibray

    • Par lexen
    • Le 08/03/2019

    Ces trois pièces en un acte, la Foire de Guibray (prologue), Arlequin Mahomet, le Tombeau de Nostradamus -une trilogie foraine- étaient destinées à être représentées à la suite, lors d'une même journée de spectacle du théâtre de foire.

    Imageguibrayimage in n.m bernardin

    L''historien N.M. Bernardin ¹  dans son ouvrage sur la comédie italienne et les péripéties du théâtre de foire, analyse et décrit un aspect de l'expressivité inventive chez Lesage : " Afin de se débarrasser de « ces scènes de liaisons languissantes, qu'il faut toujours essuyer dans les meilleures comédies », afin de supprimer les épisodes parasites et un délayage fastidieux, Lesage s'avisa de condenser en un acte ce qui d'ordinaire en remplissait trois, comme il avait déjà fait pour Crispin rival de son maître et pour la  Tontine, et de fournir la représentation avec deux petites comédies, entièrement distinctes, réunies artificiellement par une troisième petite pièce, qui servirait de prologue. "

    "Voici le plan, très simple, d'une de ces trilogies foraines. L'ancien discours, que prononçait avant la représentation l'un ou l'autre des acteurs, est remplacé par  une courte  comédie-prologue,  la Foire de Guibray ; on y voit un comédien italien avec sa troupe, et Arlequin à la tête d'une troupe d'Arabes, qui viennent demander l'autorisation de donner quelques représentations au juge de Gui-
    bray, et celui-ci leur répond :

    Que chacun de vous par ses jeux
    Tâche d'avoir la préférence:
    Celui qui le plus me plaira
    Dans cette ville restera.

    Voilà le lien, bien fragile,  qui va réunir les trois pièces. Sur cette parole, les Arabes jouent Arlequin Mahomet, un petit acte romanesque et  pyrotechnique, dont Cailhava a tiré en 1770 son Cabriolet volant, et les Italiens représentent le Tombeau de Nostradamus.(...) Le juge de Guibray donnera-t-il la préférence aux comédiens italiens  ou aux comédiens  arabes ?
    Cruelle énigme, dont nous ne saurons jamais le mot. "

     ¹ N.M.Bernardin. La comedie italienne en France et les théâtres de la foire et du boulevard. Editions de la revue bleue, Paris, 1902. pages 113/114.

     

  • Le mot «drame» chez Le Sage

    • Par lexen
    • Le 30/01/2019

    Un article de la revue Persée,

    https://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1964_num_16_1_2457

    mis en ligne,  a pour auteur Gunnar von Proschwitz, lequel remarque chez Le Sage, non sans surprise, ce qu'il définit comme étant un emploi moderne du mot "drame".

    Il cite, à cet effet, une phrase du Diable boiteux extraite du chapitre , Ce que Diable boiteux /Robert Bletzle diable fit encore remarquer à don Cléofas , et qui estLes régents de ce collège y faisaient représenter par leurs écoliers des drames, des pièces de théâtre fades (....)" .  L'explication est à suivre dans cette communication elle-même. 

      

                         image, robert bletz                                    

    Par ailleurs, les considérations érudites de l'auteur  montrent historiquement l'amplitude d'une dénégation culturelle relative à l'utIlisation de ce terme.

    Durant leur dialogue, dans ce chapitre, le démon pique la curiosité de Léandro/don Cléofas à propos de deux vers latins que celui-ci meurt d'envie de savoir.  Von Proschwitz se livre à l'extrapolation savante du distique. Il en résulte que cette citation latine vise indirectement la Foire Saint Germain. 

     __________________________                  

    Afin de mieux situer    le propos  de Gunnar von Proschwitz, dans un contexte de littérature générale, on aura recours à la préface de l'édition du Diable boiteux de Roger Laufer. Référence est faite à ce chapitre _²  où le coup de patte aux tragédies  de collège  se trouve évoqué :

    "En 1707, les allusions antiques étaient grecques : à travers Homère, Lesage partisan déterminé des Modernes, attaquait les Anciens; (...) Mais partisans des Anciens et des Modernes, auteurs de tragédies et de comédies sont gentiment réconciliés. Les Modernes n'ont plus comme chef de file unDiable boiteux /Robert Bletz Charles Perrault, mais un Houdard de la Motte que Lesage ne porte pas dans son cœur. D'où la nouvelle position de cet auteur que les ans ont aussi assagi. Un coup de patte aux tragédies de collège  règle un compte personnel avec le père Porée, S.J., dont le distique latin visait les auteurs de la Foire."préface, page 21

                                                              image, robert bletz

     (tome II ch. VIII ) édition 1707. Pour  l'édition Folio  classique, Roger Laufer, tome II ch. VII, pages 275/276.

    _² Ibid.

     

  • Hôtel de Bourgogne/Riccoboni-Lelio

    • Par lexen
    • Le 10/04/2018

     

     Plaque commémorative du théâtre de l'hôtel de Bourgogne au 29 rue Etienne marcel paris 1er

    plaque commémorative hotel de bourgogne

    _____________________________________

    Luigi Riccoboni dit Lelio In: Journal des savants. Juillet-septembre 1958. pp. 97-102.-Extraits repris de cet article :
    Lelio-Luigi Riccoboni  et L'Hôtel de Bourgogne

    Histoire littéraire : lelio/hôtel de Bourgogne

     

      

     

    Lire la suite