La "journée" révolutionnaire.

  • Par lexen
  • Le 23/06/2022

  Dans cette période qui voit mettre un terme, dans la violence, à  l'Ancien Régime, à quoi reconnaît-on qu'une journée est révolutionnaire entre 1789 et 1795 ?

 L'observation chronologique  des divers mouvements de révolte qui traversent l'époque ne saurait suffire, s'il ne s'y ajoute  une idée régulatrice qui en  éclaire les motifs.

Pour ce faire, l'historien Antoine Boulant  propose une définition du concept de « journée»  et dès l'introduction  de Journeerson ouvrage, paru en 2021,  il définit le cadre spatio-temporel de huit journées révolutionnaires parisiennes  :


Versailles excepté, c'est à la Bastille et au palais des Tuileries que se concentre toute  l'agitation  :

 

 

 

 

Antoine Boulant ,La journée Révolutionnaire, ed.Passés Composés ©2021

diqponible également sur https://bibliotheques.paris.fr/

-1789.

- prise de la Bastille  ( 14 juillet  )
-invasion du château de Versailles (6 octobre )
- 1792.
- invasion (20 juin) et prise (10 août ) du palais des Tuileries.
-1793.
-
encerclement ( 2 juin ) puis l'invasion ( 5septembre ) de la Convention nationale.
- 1795.
invasion ( 1er avril et 20 mai ) de la Convention nationale.

 

Les années 1790, 1791, 1794, ne sont pas retenues comme journées révolutionnaires en tant que telles. Un trait commun du concept devant comporter la prise d'assaut d'un lieu de pouvoir,  ( le chapitre 6 s'intitule- L'assaut ). Pour autant  que l'on comprenne l'auteur, ces trois années ne relèvent pas  d'un tel mode d'action.
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Assaut tuileries 10 08 1792

 

 

 

 

 

 

 Assaut des Tuileries 10/08/1792

Les remarques factuelles ci-dessus,   provenant de l'introduction, n'abordent pas vraiment le contenu du livre ; mais le chapitre 3 intitulé  Meneurs et Instigateurs offre une entrée plus facile. On  voit  se dérouler, entre les pages 59 à 83, une galerie  de portraits regroupés par familles : les députés, les municipaux, les clubistes, les journalistes, les meneurs. Ce dernier groupe étant ainsi présenté :

«Qu'ils fussent députés, responsables municipaux, journalistes ou membres des sociétés populaires, la plupart de ces cadres n'étaient guère susceptibles d'organiser les insurrections sur le  terrain ni de prendre la tête des émeutiers. Aussi les journées sont-elles inséparables de certaines figures qui, sans exercer nécessairement des fonctions de premier plan, surent faire preuve de suffisamment de charisme, de détermination et de sens politique pour émerger dans ces circonstances exceptionnelles.»

 Parmi ces meneurs, l'un des  plus représentatifs, personnage hors normes, est Antoine Joseph Santerre, bourgeois du faubourg Saint -Antoine  réputé pour ses procédés de fabrication de la bière (p.80).

Selon ses dires, ce notable local à  la tête d'une  troupe de quatre cents  hommes armés participa  à la prise de la Bastille. L'auteur (AB) relate les faits et gestes de Santerre à plusieurs reprises, par fragments qui correspondent à l'exposition de son concept . 

Aujpurd'hui que retenir de ce bourgeois sans-culotte devenu commandant de la Garde nationale, général républicain lors des guerres de Vendée, et qu'illustre en particulier son " exploit" célébré par un vitrail ... 

C'est l'épisode dit du saut de Santerre

'vitrailsanterre

Détail du vitrail du saut de Santerre, sur fond de champ de bataille
                                                                vitrailsanterre  (lien)

Selon une approche historienne soucieuse de scientificité, on dirait sans doute que cela n'est que littérature. Pourtant ce type de personnages ayant suscité l'imaginaire d'écrivains aussi divers que Dumas, Hugo, Baudelaire, Jules Verne (sans être exhaustif) indique aussi comment s"effectue à travers le temps la comprehension globale  d'un phénomène ou d'une époque.