Sur la Foire de Guibray

  • Par lexen
  • Le 08/03/2019

Ces trois pièces en un acte, la Foire de Guibray (prologue), Arlequin Mahomet, le Tombeau de Nostradamus -une trilogie foraine- étaient destinées à être représentées à la suite, lors d'une même journée de spectacle du théâtre de foire.

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L''historien N.M. Bernardin ¹  dans son ouvrage sur la comédie italienne et les péripéties du théâtre de foire, analyse et décrit un aspect de l'expressivité inventive chez Lesage : " Afin de se débarrasser de « ces scènes de liaisons languissantes, qu'il faut toujours essuyer dans les meilleures comédies », afin de supprimer les épisodes parasites et un délayage fastidieux, Lesage s'avisa de condenser en un acte ce qui d'ordinaire en remplissait trois, comme il avait déjà fait pour Crispin rival de son maître et pour la  Tontine, et de fournir la représentation avec deux petites comédies, entièrement distinctes, réunies artificiellement par une troisième petite pièce, qui servirait de prologue. "

"Voici le plan, très simple, d'une de ces trilogies foraines. L'ancien discours, que prononçait avant la représentation l'un ou l'autre des acteurs, est remplacé par  une courte  comédie-prologue,  la Foire de Guibray ; on y voit un comédien italien avec sa troupe, et Arlequin à la tête d'une troupe d'Arabes, qui viennent demander l'autorisation de donner quelques représentations au juge de Gui-
bray, et celui-ci leur répond :

Que chacun de vous par ses jeux
Tâche d'avoir la préférence:
Celui qui le plus me plaira
Dans cette ville restera.

Voilà le lien, bien fragile,  qui va réunir les trois pièces. Sur cette parole, les Arabes jouent Arlequin Mahomet, un petit acte romanesque et  pyrotechnique, dont Cailhava a tiré en 1770 son Cabriolet volant, et les Italiens représentent le Tombeau de Nostradamus.(...) Le juge de Guibray donnera-t-il la préférence aux comédiens italiens  ou aux comédiens  arabes ?
Cruelle énigme, dont nous ne saurons jamais le mot. "

 ¹ N.M.Bernardin. La comedie italienne en France et les théâtres de la foire et du boulevard. Editions de la revue bleue, Paris, 1902. pages 113/114.